Procrastination : comment elle nous aide à améliorer notre productivité ?

Il suffit d’inscrire le mot «  procrastiner » dans un moteur de recherche pour trouver mille et une méthodes pour apprendre à combattre cette tendance à tout remettre au lendemain. Et si, juste une fois, nous considérions la procrastination comme une qualité, voire un outil de productivité ? Cela peut paraître au premier abord contre-intuitif. Pourtant, ce point de vue peut nous amener à revoir notre manière de travailler, d’utiliser nos intuitions et donc de gagner en qualité de vie. 

Vous avez dit culpabilité ?

Négligence, paresse, manque d’implication… La procrastination est souvent liée à des qualificatifs peu flatteurs et nous renvoie une piètre estime de soi. Elle nous entraîne dans un manque de confiance aux dégâts collatéraux multiples :

  • Le stress dû aux journées toujours trop courtes pour accomplir toutes nos tâches
  • La peur du jugement des autres devient une préoccupation qui, occupant une partie de notre esprit, ralentit l’exécution des tâches sur lesquelles nous ne sommes plus à 100%
  • Cette peur se transforme ensuite peu à peu en culpabilité.

Ainsi, la mécanique est en place pour contraindre à agir au détriment de son bien-être.

Procrastination = Productivité ?

D’où vient la procrastination ?

La procrastination n’a pas de frontière entre la vie privée et la vie professionnelle, et peut se résumer dans une formule d’Archimède revisitée : toute nouvelle tâche à accomplir plongée dans une organisation reçoit une poussée hiérarchique verticale de haut en bas égale au poids du volume de procrastination et d’intérêt personnel déplacé. Finalement, comme l’affirme David d’Equainville, fondateur des éditions Anabet, qui édite le livre “Demain, c’est bien aussi” : « La procrastination, c’est une défense immunitaire face à une société extrêmement rude ».

Si le monde se résumait à une simple montre d’horloger, chacun de nous serait une roue dentée faisant partie de l’ensemble de la complication. Une montre qui ne ferait qu’accélérer le temps. Dans cette représentation, notre libre arbitre, c’est l’écart qui existe entre 2 roues dentées, un écart modifiable sans impacter l’ensemble. À l’échelle du monde cette latitude devient un immense champ de possibilités.

L’enseignement des sports de combat

Une fois la présence de notre procrastination révélée par une prise de conscience, il convient de la décomposer pour mieux la comprendre. Comme dans un sport de combat, où vous apprenez à respecter votre adversaire et à le connaître, nous apprenons de notre procrastination de ses défauts comme de ses qualités.
Le deuxième enseignement des sports de combat, c’est de retourner la force de son adversaire (ici, la procrastination) à son avantage. Nous utilisons cette technique chaque fois que nous tirons un enseignement de nos échecs :c’est ce que nous appelons la résilience.

Ainsi, la procrastination devient une procrastination choisie et une alliée stratégique.

Alors pourquoi procrastiner ?

Parce qu’il faut réfléchir avant d’agir, parce que certaines tâches peuvent attendre, enfin parce que d’autres savent se résoudre d’elles-mêmes, la procrastination choisie devient un atout. Attendre, prendre de la hauteur et transformer cet espace en temps de réflexion permet une exécution plus appropriée et donc de qualité. Ne pas faire, ne pas résoudre tout de suite, est-ce une perte de temps ? Pas si sûr, nous pouvons apprendre à faire confiance à l’inertie de notre cerveau pour travailler les sujets en tâche de fond. Ce cerveau déclenchera sa restitution dans les situations parfois les plus incongrues : à un feu rouge, sous la douche, au lit entre 3 et 4 h du matin. Laisser faire le temps permet au cerveau d’acquérir une vue d’ensemble d’un puzzle complexe et de trouver la pièce manquante.

Ainsi, repousser certaines tâches non seulement permet d’accomplir globalement plus de choses, donner libres cours à notre curiosité et donc étendre notre culture générale, mais devient un booster de performance : davantage de tâches, mieux exécutées, plus de temps personnel. Avoir du temps, c’est permettre de mettre l’imagination au pouvoir, un super fertilisant pour la culture des solutions. Le fait d’être plus efficace enclenche un cercle vertueux : moins stressé, donc plus ouvert vers les autres, moins en quête perfection, plus à l’écoute et prêt à laisser plus de place aux autres. N’est-ce pas un premier pas vers le bonheur ? Le bonheur, le seul, vrai, indice de productivité de vie personnelle qui vaille.

Plus de temps personnel, c’est ainsi pouvoir cultiver son jardin personnel, un jardin bouthaniste, bien sûr. À la fin, c’est donc notre qualité de vie qui gagne.